Le modèle de philadelphie

Comme je travaille auprès de personnes victimes d'agression sexuelle, j'aime me tenir à l'affût des nouveautés dans ce domaine. 

Depuis quelques mois, je lis dans l'actualité des titres d'articles concernant l'implantation du modèle de Philadelphie, ou d'un modèle s'en inspirant, dans des institutions (universités, entreprises) et par la Sureté du Québec (SQ).  J'ai voulu m'informer sur ce qu'était le fameux modèle de Philadelphie.

En 1999, des irrégularités ont été découvertes dans les dossiers d'agression sexuelle traités par la police. De nombreux dossiers qui auraient dû mener à des enquêtes ont plutôt été fermés car les enquêteurs concluaient qu'il n'y avait pas eu d'acte criminel. À ce moment, la ville a créé un partenariat avec une organisme en défense des droits des femmes pour réviser ces dossiers fermés. Résultat, des centaines de cas de viols ont été identifiés. Depuis, la ville a maintenu ce partenariat ayant porté fruit. 

Comment ce fait-il que des intervenantes en agression sexuelle aient pu identifier ces cas de viols et pas des policiers? Ces derniers évoluent dans la même société que nous tous.tes et sont empreints des mêmes fausses croyances et préjugés concernant les agressions sexuelles et les victimes. Ce sont des humains, qui ne sont pas formés à comprendre et à connaître la psychologie humaine en fonction d'actes criminels spécifiques. Contrairement à eux, les intervenantes spécialisées ont étudié les dynamiques sociales et individuelles des agressions sexuelles, les conséquences de celles-ci. Elles ont apprit à identifier leurs propres préjugés et à les déconstruire afin de bien aider les victimes. Elles sont donc plus impartiales et mieux placées pour déterminer, sur la base du témoignage d'une victime, s'il semble y avoir eu agression sexuelle ou pas. Par exemple, un policier pourrait fermer un dossier où la plaignante a continué de faire la fête après son présumé viol car il croit que ce comportement démontre qu'elle n'a, en fait, pas été violée. Une spécialiste en agression sexuelle, pour sa part, saurait qu'il s'agit là d'un comportement très probable pour une victime de viol dans un soirée. Ainsi, elle pourrait faire rouvrir le dossier pour enquête.  

C'est de ce modèle dont s'inspire la SQ en collaborant avec des expertes en agression sexuelle. Selon les taux de réussite du modèle, il serait pertinent de le considérer pour d'autres actes criminels particulièrement susceptibles de passer inaperçu en raisons de fausses croyances ou de préjugés.

Vous pouvez en apprendre plus sur l'implantation du modèle de Philadelphie ici: 

http://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/medium-large/segments/entrevue/21005/modele-philadelphie-agressions-sexuelles

https://www.sq.gouv.qc.ca/nouvelles/comite_revision/

http://www.ledevoir.com/societe/justice/511586/plaintes-pour-agressions-sexuelles-l-exemple-de-philadelphie