Le consentement sexuel

À la lumière de nombreuses réactions défensives et critiques face au mouvement de dénonciation d'agression sexuelle, il m'a semblé pertinent de clarifier le concept de consentement sexuel. La plupart des réactions que j'ai lues et entendues sont basées, entre autres, sur de mauvaises connaissances du concept de consentement sexuel.

Dans la loi, le consentement sexuel est défini comme: l'accord volontaire à participer à une activité sexuelle et peut être retiré à tout moment.

Toujours dans la loi, le consentement n'est pas valide dans les contextes suivants:

  • La personne ne le donne pas de façon verbale ou non-verbale
  • La personne le retire de façon verbale ou non-verbale
  • La personne n'est pas en état de le donner (intoxiquée, pas en âge)
  • Il a été obtenu par l'utilisation d'un rapport de pouvoir ou d’autorité

Refuser ou retirer son consentement de façon verbale peut se faire directement ou indirectement. Exprimer de l'hésitation, dire non, je ne suis pas certain.e, je ne veux pas, arrête, je n'en ai pas vraiment envie, sont des exemples de manières verbales de ne pas consentir.

Détourner le regard, changer de sujet, rire jaune, figer, repousser l'autre, s'éloigner sont des exemples de manières non verbales de refuser ou retirer son consentement.

Si la personne est intoxiquée ou âgée de moins 16 ans et est avec une personne de 3 ans ou plus son aînée, son consentement n'est pas valide non plus.

Quand le consentement a été obtenu par utilisation d'une position d'autorité ou de pouvoir, il n'est pas valide. Ainsi, le consentement obtenu en manipulant implicitement ou explicitement par la perspective d'emploi, de visibilité, de bon résultats, de logement, etc n'est pas valide non plus.

Il est essentiel de respecter l'expression du non-consentement de l'autre. Il est plus important de ne pas harceler ou agresser l'autre que d'assouvir son désir ou préserver son ego. De plus, si l'autre ne se sent pas libre d'exprimer ses limites, son consentement n'est pas valide. Vérifiez au cours de la relation sexuelle le consentement de l'autre.

Un truc simple que j'aime donner aux gens quand on me demande comment tout cela peut se traduire dans le quotidien est d'ajouter le concept d'enthousiasme à la définition du consentement: accord volontaire et enthousiaste à participer à une activité sexuelle. Enthousiasme verbal et non verbal. Si en plus de respecter les limites de la loi on s'assure que l'autre est enthousiaste de nos paroles et nos gestes (sourire-rire franc, proactivité, encouragements verbaux, etc.) il y a peu de risque de transgresser ses limites. Si l'enthousiasme n'est pas au rendez-vous, prenez le temps d'aller vérifier le consentement de la personne.

Ainsi, les jeux de séduction, le fait d'aborder des inconnu.e.s ou d'être spontanné.e sont encore absolument possibles et souhaitables. Il suffit de s'assurer proactivement et respectueusement de l'accord volontaire et enthousiaste de l'autre.