Démêler les titres professionnels

Psy-chothérapeute, Psy-chologue, Psy-chiatre, Psy-choéducatrice-teur, Sexologue-Éducateur, Sexologue-Clinicienne, Sexologue Bachelière, Intervenant.e, Intervenant.e de milieu, Technicien.ne en travail social, Travailleuse-eur social.e, Travailleuse-eur de rue, Criminologue, Éducatrice-eur Spécialisé.e, Technicien.ne en Éducation Spécialisée, et j'en passe! On s'y perd.

Quand j'étais sexologue intervenante, mes client.e.s parlait souvent de moi comme de leur Psy; alors que je n'avais pas encore le titre de psychothérapeute. Aujourd'hui, on dit encore Psy et je suis convaincue que plusieurs me croient psychologue alors que je suis psychothérapeute. Il n'est pas rare que des gens s'adressent à la sexologue en moi pour me demander des prescriptions de médicaments, ce que je n'ai pas les connaissances, les compétences ou les droits de faire.

Toutes ces anecdotes et le nombre élevé de questions qu'on me pose concernant les différents titres professionnels m'amènent à la conclusion qu'un démêlage en règle est pertinent. Je vais tenter d'expliquer le plus clairement possible la distinction entre divers titres professionnels, ceux que je connais le mieux.

D'abord, un.e technicien.ne, c'est quelqu'un qui a fait une Technique au Cégep dans un domaine quelconque. Ce sont trois ans d'études collégiales qui sont axées sur les actions concrètes. Ainsi, les personnes qui détiennent des techniques ont des compétences ancrées dans le savoir-faire, le pratique et, logiquement, le technique.

Puis, les personnes qui portent le titre d'intervenant.e.s peuvent avoir des bases académiques très diversifiées: sexologie, criminologie, toxicomanie, travail social, etc. Souvent ces personnes travaillent dans le milieu communautaire, où l'on embauche des intervenant.e.s de façon large et non des titres spécifiques: centres de crise, centres de femmes, centres d'hébergement, refuges, etc. C'est une partie de la richesse de ces ressources; les équipes multidisciplinaires. La plupart de ces personnes ont un baccalauréat dans leur domaine. Certain.e.s peuvent avoir appris sur le tas, avoir une technique ou une maîtrise, mais elles-ils sont plus rares.

Ensuite, les personnes ayant fait leur baccalauréat en Travail Social sont souvent embauchées dans le réseau de la santé: les CIUSSS et les milieux hospitaliers, par exmple. Leur formation est centrée sur le lien entre l'individu et son-ses milieu.x et la relation d'aide. Elles-ils sont bien placé.e.s pour soutenir les gens dans leurs démarches concrètes telles que la réinsertion en emploi ou en logement et la recherche de ressources spécifiques à leurs besoins.

Les psychologues ont un diplôme de deuxième cycle en psychologie. En plus de pratiquer la psychothérapie, elles-ils peuvent faire passer et analyser les résultats de tests psychométriques et poser des diagnostics en santé mentale. Les expertises sont diverses: neuropsychologue, pédo-psychologue, psychanalistes, etc. Pour en trouver un.e, vous pouvez consulter le site web de l'OPQ.

Les psychothérapeutes ont des formations de base variées: sexologues, baccalauréat en psychologie, travailleuse.eur.s sociales.aux, médecins, etc. Ils-elles ont un permis de pratique de la psychothérapie qui est émis par l'Ordre des Psychologues du Québec. Ce permis est émis en fonction de la reconnaissance des études ou de l'expérience de la personne. Pour en trouver un.e, vous pouvez consulter le site web de l'OPQ.

La psychothérapie a pour objet d'opérer un changement profond et durable chez les gens qui consultent. Pour y arriver, quatre approches sont reconnues scientifiquement: systémique, analytique, cognitive-comportementale et existentielle humaniste.

Les sexologues qui poursuivent leurs études au deuxième cycle peuvent choisir entre trois profils: clinique, recherche ou éducation. Leur titre professionnel change en fonction du profil d'études choisi. Les sexologues axent leur travail sur la sexualité humaine dans tout ce qu'elle comprend: intimité, rapport au corps, contraception, troubles sexuels, orientation sexuelle, identité de genre, trauma sexuel, pratiques dites alternatives, paraphilies, développement sexuel, etc. Pour en trouver un.e, vous pouvez consulter le site web de l'OPSQ.

Les psychiatres, pour leur part, sont des médecin spécialistes au même titre qu'un gastroentérologue, par exemple. Leur spécialité est la santé mentale et elles-ils peuvent prescrire des médicaments. Les médecins généralistes peuvent aussi prescrire certaines médications liées à la santé mentale tels que les antidépresseurs ou les anxiolitiques.

Plus largement, les ordres professionnels existent pour protéger le public, c'est leur mandat. Les associations, elles, existent pour accompagner les professionnel.le.s dans leur cheminement.

J'espère que ce billet vous aura aidé à mieux vous diriger dans les différents services et auprès des divers professionnel.les en relation d'aide et en santé mentale et sexuelle.