La fréquence

Vous pensez que ce billet aborde la fréquence des relations sexuelles, hein? Et bien non, il parle plutôt de la fréquence des rencontres de psychothérapie. Voici quelques-unes des questions ou commentaires entendus dans les dernières semaines:

Faites-vous les rencontres à chaque semaine?

J'ai pas nécessairement les sous pour venir à chaque semaine...

Notre horaire est très chargé, on pourra pas être là très régulièrement. Est-ce que c'est correct?

Qu'est-ce qui est le mieux thérapeutiquement, en termes de fréquence des rencontres?

Visiblement, il s'agit d'un enjeu pour les personnes qui pensent à consulter et il occupe l'esprit de la clientèle. Je considère donc pertinent d'adresser la question. Il y a la réponse ''dans un monde idéal'' et il y a la réponse ''dans la vraie vie.

Dans un monde idéal

Pour favoriser un momentum thérapeutique optimal, les rencontres se font à chaque semaine. Les rencontres hebdomadaires permettent d'enclencher un cycle de travail psychothérapeutique où d'une part, assez de temps s'est passé entre les rencontres pour que le contenu de la rencontre soit bien intériorisé et d'autre part, où les rencontres sont assez rapprochées pour éviter d'avoir à repasser sur certaines choses oubliées ou de faire un résumé  trop long du temps déroulé entre les rencontres.

Dans la vraie vie

Il y a bien sûr des exceptions à ce que j'ai mentionné plus haut. Par exemple, si une personne est en situation de crise et requiert ponctuellement des rencontres plus rapprochées pour assurer sa sécurité le temps que la crise s'apaise, il est tout indiqué de le faire. Si au contraire une personne a effectué les changements thérapeutiques qu'elle souhaitait et n'a besoin que de rencontres ponctuelles pour maintenir ses acquis ou bonifier le traitement, cela est tout aussi valide.

Ces exceptions sont de nature psychothérapeutique. Il y a aussi des considérations matérielles concrètes à considérer.

D'abord, tout le monde n'a pas les moyens financiers de s'offrir des rencontres de psychothérapie à toutes les semaines. Les services à prix modiques ou gratuits sont habituellement très limités dans le temps, en moyenne 15 rencontres, ce qui ne permet pas de faire une thérapie en profondeur. Sinon, les listes d'attentes peuvent être très longues. C'est pourquoi des gens qui ont peu de moyens peuvent tout de même choisir de se tourner vers le privé.

Certaines démarches sont faites actuellement par l'Association des Psychothérapeutes du Québec auprès du gouvernement pour permettre un accès gratuit aux services de psychothérapie.

Un autre élément à considérer est le temps. Tout le monde n'a pas le temps de se déplacer pour une rencontre de près d'une heure à chaque semaine. Pour les couples ou les personnes avec des enfants, cela peut s'avérer encore plus difficile de composer avec les horaires de tout le monde.

Finalement, les capacités physique peuvent aussi être un obstacle aux rencontres hebdomadaires. Certaines personnes ont des contraintes physiques qui ne leur permettent pas de se déplacer comme elles le veulent: fibromyalgie, arthrite, accident, etc.

Dans les deux derniers cas, la technologie peu venir aider car les rencontres via des logiciels comme Skype sont possibles auprès de certain.e.s professionnel.le.s. Encore faut-il avoir un ordinateur et accès à Internet dans un lieu confidentiel et propice aux confidences.

Dans tous les cas, il est tout à fait acceptable, voire recommandé, de nommer vos limites à votre psychothérapeutes et de trouver une entente qui vous convienne concernant la fréquence des rencontres. Il s'agit de votre, suivi, de votre santé mentale et vous avez le droit de mettre un cadre qui prend en considération tous vos besoins.