Et...c'est normal...?

Malgré nos désirs de s'individualiser, de s'autonomiser  et d'être reconnu.e.s dans notre originalité, nous (humain.e.s), avons aussi besoin de nous normaliser et d'appartenir au groupe. Si on sent qu'on vit quelque chose qui sort de la norme, la crainte de se sentir marginalisé.e pointe le bout de son petit nez menaçant et on ressent le besoin de se rassurer. C'est habituellement ce spectre qui nous fait poser la question: c'est normal si...?, c'est normal que...?, suis-je la-le seul.e à...? et autres formules équivalentes.

Bien que certaines grandes lignes puissent êtres tracées concernant les intérêts et les pratiques sexuelles présentes dans la société, je préfère me tenir loin du concept de normalité quand je travaille. En effet, je trouves ce principe limitatif. Si tout le monde n'agissait que de façon à se retrouver dans la norme, on passerait à côté de nombreuses expériences extrêmement riches. Je crois fermement à la richesse du tissus social via la diversité, dans les limites du respect du consentement, cela va sans dire.

De plus, la préoccupation de la normalité a tendance à alimenter une anxiété souffrante et inutile. Inutile, car la normalité sexuelle n'est pas un gage de qualité ou de plaisir, ni de validité. Si les gens accordaient de la valeur à leurs désirs et à leurs pratiques sexuelles, elles-ils pourraient s'épanouir bien plus facilement dans leur vie sexuelle.

Certaines approches sexologiques considèrent qu'un problème peut exister même si la personne qui vit la situation n'en souffre pas. Par exemple, en sexoanalyse, un fétiche est considéré comme une paraphilie même si la personne fétichiste est très à l'aise avec son fétichisme. Je ne suis pas de cette école de pensée. Je me situe dans un courant qui considère la souffrance comme un des critères principaux pour évaluer si la personne vit une difficulté. En l'absence de souffrance et de risque pour qui que ce soit ou de risque pour le bien commun, je ne crois pas qu'une réalité sexuelle, peu importe laquelle, soit un problème.

Sortir de la norme peut faire peur et c'est humain d'avoir des réserves. Je vous encourage toutefois à surmonter cette crainte et à accueillir, à valider et à savourer vos désirs et vos pratiques sexuelles telles qu'elles sont. La diversité est une richesse incroyable et quand chacun.e vivra pleinement sa différence, nous ne nous en porterons que mieux.